Une valise est un objet encombrant au comportement un peu étrange : elle peut être indispensable pendant deux semaines, puis rester inutilisée pendant six mois. Dans un petit appartement, lui réserver une place très accessible toute l'année est rarement un bon usage de l'espace.
Avant d'acheter un meuble ou un autre bac de rangement, mieux vaut donc procéder dans l'ordre : réduire le volume occupé par les bagages, utiliser l'intérieur des valises, récupérer les zones peu accessibles du logement, puis seulement envisager un rangement conçu spécialement pour elles.
Commencer par mettre les valises les unes dans les autres
Avec plusieurs valises rigides de formats différents, la solution la plus simple consiste à les emboîter. Une petite valise de cabine peut entrer dans une valise moyenne, elle-même rangée dans la plus grande. Trois objets encombrants n'occupent alors plus au sol que l'espace du plus gros.
Les sacs de voyage souples, sacs à dos pliables, cubes de rangement et autres accessoires peuvent également trouver place à l'intérieur. Tout le matériel de voyage reste ainsi regroupé et il est plus facile de le retrouver au prochain départ.
Il faut toutefois vérifier que les valises s'emboîtent réellement avant de compter sur cette stratégie. Les roues, les poignées et les formes arrondies peuvent empêcher deux modèles pourtant très différents en taille de s'insérer correctement.
Une valise vide est déjà un espace de rangement
Même lorsqu'une seule valise doit être rangée, la laisser vide revient à immobiliser un volume important sans en tirer aucun bénéfice.
Son intérieur peut accueillir des objets qui, eux aussi, servent rarement : vêtements hors saison, accessoires de voyage, sacs de plage, couvertures légères ou autres articles saisonniers. Le logement utilise alors le même volume pour ranger deux catégories d'objets.
La bonne question n'est pas seulement « est-ce que ça entre ? », mais « que faudra-t-il faire au prochain voyage ? ». Si le contenu de la valise doit être utilisé chaque semaine, il faudra constamment l'ouvrir. Et si elle contient une multitude d'objets sans autre place attitrée, préparer un départ commencera par créer un nouveau problème de rangement.
Le système fonctionne mieux avec des choses qu'on accepte de déplacer une ou deux fois par année.
Avant de fermer une valise pour plusieurs mois, son contenu doit aussi être propre et sec. Les textiles humides ou entreposés dans un environnement humide sont particulièrement vulnérables aux moisissures.
Avant d’y mettre des textiles, vérifiez comment préserver les vêtements hors saison selon leur matière.
Sous le lit : récupérer un grand volume presque invisible
Dans une petite chambre, le dessous du lit peut représenter une surface de rangement considérable. Si la hauteur libre est suffisante, une valise peut simplement y glisser. Il n'est alors pas nécessaire d'acheter un contenant supplémentaire pour cacher un contenant que l'on possède déjà.
Lorsque la valise est trop haute, des boîtes basses permettent d'utiliser le même principe pour les objets saisonniers et de libérer ailleurs une place suffisamment grande pour le bagage. IKEA Canada commercialise par exemple des rangements sous lit destinés notamment aux couettes et aux vêtements hors saison. Un modèle SKUBB mesure seulement 7 ½ po de hauteur pour 35 ½ po de largeur et 20 ¾ po de profondeur.
Cette dimension donne aussi un autre réflexe utile : dans un petit logement, le rangement mérite d'être considéré au moment de choisir un lit. Deux modèles de taille identique peuvent offrir des capacités très différentes selon leur dégagement au sol, leurs tiroirs ou leur coffre intégré.
Avant tout achat, il suffit de mesurer trois choses : la hauteur disponible sous le lit, la largeur du passage et les dimensions réelles de la valise, roues et poignées comprises.
Le haut de la garde-robe est fait pour les objets rarement utilisés
Toutes les zones d'un rangement n'ont pas la même valeur.
Les tablettes à hauteur des mains sont précieuses parce qu'elles permettent d'attraper rapidement ce dont on se sert tous les jours. Une tablette très haute est beaucoup moins pratique. C'est justement ce qui la rend intéressante pour une valise utilisée quelques fois par année.
On peut organiser une garde-robe selon une règle simple : plus un objet sert souvent, plus son accès doit être facile. Les vêtements quotidiens restent dans la zone la plus accessible; les objets saisonniers montent ou descendent vers les zones moins pratiques; les bagages peuvent occuper le niveau supérieur.
Dans une garde-robe existante, il faut simplement vérifier que la tablette supporte la charge et que la valise peut être manipulée sans devoir vider la moitié du rangement.
Et s'il reste un espace au-dessus de l'armoire?
Une armoire qui s'arrête bien avant le plafond laisse parfois plusieurs pieds cubes inutilisés. Une valise peut y trouver sa place sans réduire le rangement intérieur.
La solution est efficace, mais elle a deux limites. La première est visuelle : un gros bagage posé en permanence au-dessus d'un meuble peut donner une impression d'encombrement. La seconde est pratique : il faut pouvoir le descendre sans manoeuvre dangereuse.
Un rangement fermé jusqu'au plafond est généralement plus propre visuellement. Lors d'un futur réaménagement, cet espace perdu peut devenir une rangée de caissons réservés aux objets rarement utilisés.
Quand prévoir une section spécialement pour les valises
Une garde-robe sur mesure n'a pas besoin d'une « dimension standard pour valise ». Les bagages varient trop d'un foyer à l'autre.
La méthode la plus fiable consiste à mesurer le plus gros bagage réellement possédé, en incluant les roues, les poignées et un peu de dégagement pour pouvoir le sortir facilement. Une section haute peut ensuite être dimensionnée autour de cet objet.
Une zone dédiée devient particulièrement intéressante lorsque plusieurs valises reviennent constamment dans le chemin, qu'il faut déplacer le bagage pour atteindre des objets courants ou qu'un nouveau rangement pleine hauteur est déjà prévu.
Le bon indicateur n'est donc pas seulement la surface occupée. C'est aussi le nombre de manipulations inutiles. Une solution extrêmement compacte qui oblige à déplacer trois boîtes chaque semaine est moins fonctionnelle qu'une section légèrement plus grande que l'on ouvre deux fois par année.
Cette section peut également devenir une petite zone « voyage » : les valises s'emboîtent, les sacs souples restent à l'intérieur et une petite boîte voisine regroupe les accessoires utilisés uniquement lors des déplacements.
Sous-sol et espace de rangement : vérifier l'humidité avant d'y mettre des textiles
Un sous-sol, un garage ou un espace de rangement peut sembler idéal pour faire disparaître les objets saisonniers. Au Québec, il faut toutefois considérer l'humidité avant d'y envoyer une valise remplie de vêtements.
Le gouvernement du Québec recommande de maintenir l'humidité intérieure assez basse pour prévenir la condensation, habituellement entre 30 % et 55 %. Santé Canada recommande une humidité relative de 30 % à 50 % et conseille l'utilisation d'un déshumidificateur dans les endroits humides, notamment les sous-sols, lorsque nécessaire.
Santé Canada recommande également, lorsqu'un sous-sol sert au rangement, des bacs de plastique avec couvercle plutôt que des boîtes de carton et déconseille de poser du carton directement sur le plancher du sous-sol.
Ces recommandations sont particulièrement pertinentes pour une valise remplie de textiles. Une pièce disponible n'est pas automatiquement un bon espace de rangement : traces d'eau, odeur de moisi, condensation ou humidité persistante sont des raisons de régler d'abord le problème d'humidité.
Dans un espace sec et sain, utiliser une valise pour les vêtements hors saison peut être très efficace. Dans un sous-sol humide, le même principe devient beaucoup moins intéressant.
Faut-il acheter des rangements supplémentaires?
Pas nécessairement.
Les bacs sous le lit, housses, boîtes et systèmes de garde-robe sont utiles lorsqu'ils permettent réellement d'exploiter un espace autrement inaccessible. Mais l'objectif n'est pas de résoudre chaque problème de rangement en achetant un nouveau contenant.
Avant d'en ajouter un, mieux vaut vérifier successivement si les valises peuvent s'emboîter, si leur intérieur peut servir au rangement, si elles passent sous le lit et si une tablette haute peut les accueillir.
Le meilleur rangement supplémentaire est parfois celui qu'on n'a pas besoin d'acheter.
Quand le problème n'est plus vraiment la valise
Il arrive qu'aucune astuce ne suffise. Plusieurs valises, des skis, une tente, des sacs de couchage, des décorations saisonnières et tout l'équipement d'hiver finissent par constituer une catégorie entière de biens rarement utilisés.
À ce stade, déplacer chaque objet séparément d'un coin à l'autre ne règle plus le problème. Il faut penser en termes de rangement saisonnier.
Une partie haute de garde-robe, un lit avec rangement, une section pleine hauteur ou un espace de rangement séparé peuvent alors être répartis entre plusieurs catégories. L'objectif est de réserver les endroits les plus faciles d'accès à la vie quotidienne et de regrouper ailleurs ce qui ne revient que quelques fois dans l'année.
Le cas des valises permet finalement de formuler une règle valable dans tout petit logement : la meilleure place n'est pas celle où un objet entre, mais celle dont le niveau d'accessibilité correspond à sa fréquence d'utilisation.
Les objets de plein air demandent le même raisonnement, avec des précautions propres au rangement du matériel de camping et de sport.
À retenir
Commencez par emboîter les valises et utiliser leur intérieur avant de chercher de nouveaux rangements. Si elles doivent rester dans l'appartement, privilégiez les espaces peu utiles au quotidien : sous le lit, en haut de la garde-robe ou dans une section supérieure pleine hauteur.
Si un nouveau meuble est prévu, mesurez le plus gros bagage plutôt que de chercher une dimension « standard ». Et avant de déplacer valises et textiles vers un sous-sol ou un autre espace secondaire, vérifiez d'abord les conditions d'humidité.
Quand les valises ne sont plus que l'une des nombreuses catégories encombrantes utilisées quelques fois par année, il est temps de concevoir le rangement comme un système saisonnier plutôt que comme une succession de cachettes.